Le Vignoble de Pézenas

carte aop pézenas
L’appellation PEZENAS, Coteaux du Languedoc s’affiche sur les étiquettes des vins produits sur les meilleurs coteaux qui entourent la ville de Pézenas.  Ce sont en particulier des vins rouges, concentrés, à forte personnalité, obtenus par assemblage à partir des 5 cépages rouges de l’Appellation : Syrah, Grenache, Mourvèdre, Cinsault et Carignan.

Les Premières Vignes

L’activité viticole dans la région de Pézenas est attestée dès le VIIème siècle avant J.C. On peut citer l’oppidum de Saint-Siméon dans la vallée de la Peyne dont l’activité parait significative dès la fin du VIIème siècle avant J.C. Elle était liée aux contacts que les populations indigènes développent avec les Etrusques et surtout les Grecs, établis à Marseille et à Agde et qui connaissent les techniques de vinification.

Dès le 1er siècle après J.C, Pézenas (Piscennae) parait avec sa qualité de ville latine, reconnue par Rome comme vrai municipe. C’était, de plus, un point stratégique sur les routes d’Agde à Lodève et de Montagnac à Béziers. De nombreux établissements gallo-romains attestent d’activités viticoles intenses dès l’Antiquité. Des fragments de dolia (grand vase semi-enterré de 1 000 à 1 800 litres permettant le stockage de l’huile et du vin) ont été retrouvés sur près de 70 sites autour de Pézenas. On recense des ateliers d’amphores vinaires surtout aux alentours d’Aspiran qui témoigneraient d’une activité d’exportation.

L’importance des foires

Suite au déclin de l’Empire Romain, les techniques de viticulture sont préservées par les ordres monastiques qui s’implantent dès le milieu du IVème siècle. En 1262, avec l’acquisition par Louis IX de la seigneurie de Pézenas, la juridiction de Pézenas embrasse bientôt une vaste contrée. Elle devient ville suzeraine de 32 bourgs ou villages et se voit accorder le privilège d’organiser des foires générales. Ces foires, dont la plus ancienne a été créée vers le milieu du XIIIème siècle, sont incontournables aux XVIème et XVIIème et deviennent au XVIIIème un « bon baromètre de l’industrie languedocienne ».

Le XVIIIe siècle

C’est durant cette époque que se mettent en place les grands domaines viticoles qui deviendront les caves particulières d’aujourd’hui. Celles-ci se sont implantées sur d’anciennes fermes et métairies des XVIIème et XVIIIème siècles : les châteaux de Nizas (seigneurie de la viguerie de Béziers en 1529), Sainte-Marthe (Roujan), Belles Eaux (Caux), Montpezat (Pézenas). La Grange des Prés, située entre Caux et Pézenas, est un ancien château bâti par le connétable Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc. Il s’agissait d’une énorme manufacture de draps au XVIIIème siècle qui devint une ferme au XIXème siècle. La plupart des ces grandes maisons sont mentionnées sur la carte Cassini. Elles sont, en outre, décorées avec du plâtre issu du gypse des proches carrières : les thèmes sont variés mais celui du jardinage et des travaux des champs se retrouve souvent notamment dans l’hôtel de Landes et le Jardin de Grasset à Pézenas.

XIXe Siècle et révolution industrielle

Au début du XIXème siècle, avec la révolution industrielle, on assiste à un développement spectaculaire de la monoculture de la vigne. Dans le canton de Pézenas, la surface cultivable occupée par les vignes atteint 77%. Avec le développement de la production, le commerce du vin prend de l’ampleur grâce au chemin de fer. A la fin du XIXème siècle, la viticulture constituait la principale richesse de la région. On comptait 18 grandes propriétés viticoles, 4 négociants en tartre et lies, 7 tonneliers et foudriers, 2 distillateurs et 3 producteurs de plants. Le temps des maladies Cet essor va être brusquement stoppé par une série de maladies qui vont affecter les vignes. Apparait l’oïdium vite combattu par le soufre, puis le phylloxera et les maladies cryptogamiques où de nombreux hectares de vignes périssent. Les replantations massives reprendront après une crise qui aura duré de 1880 à 1892.

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